À cette occasion, Mathieu Dion, chef de bureau de Montréal chez Bloomberg, a mené les échanges qui se sont avérés féconds et instructifs pour les différents leaders du milieu de l’habitation. L’ensemble des organisateurs de l’événement ont d’ailleurs tenu à remercier les différent.e.s candidat.e.s pour leur contribution au présent exercice démocratique. Toutes les formations politiques présentes à ce débat ont reconnu l’urgence d’agir afin de résorber la crise du logement au Québec. Bien que leurs propositions pour y arriver soient différentes, toutes reconnaissent l’importance de retrouver un meilleur équilibre dans le marché de l’habitation et un plus grand accès à la propriété.
Pour les partenaires du secteur de l’habitation, organisateurs de l’événement, le Québec vit actuellement une crise du logement dans plusieurs villes et régions du Québec. D’ailleurs, une étude de l’APCHQ évalue que le Québec fait face à un déficit de l’ordre de quelque 100 000 logements (privés, locatifs et sociaux). Le besoin d’accroitre rapidement l’offre pour améliorer l’abordabilité a été démontré aussi dans le cadre d’une récente étude de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) où on évalue le besoin à 620 000 unités d’ici 2030 afin de retrouver le chemin de l’abordabilité.
Des solutions mises de l’avant pour faire face à la crise du logement
Les candidat.e.s ont reconnu les défis en matière d’habitation, mais l’enjeu demandera d’aller plus loin que la vision exprimée jusqu’ici. L’offre de logement doit augmenter de manière importante, tout comme le financement en habitation inclusive doit être à la hauteur des cibles nationales et locales qui devront être adoptées. Par ailleurs, les cinq organisateurs du débat s’entendent : il faudra tenir compte de la crise climatique dans les moyens adoptés pour doubler la cadence de production des nouvelles unités de logement. Il faut créer plus d’unités dans des quartiers de proximité à mixité sociale et fonctionnelle réduisant ainsi l’utilisation de l’automobile. Nous espérons que le prochain gouvernement entendra cet appel.
Une stratégie pour le logement abordable
Soulignons également que le Québec est à la croisée des chemins en matière d’habitation : le parc de logements jusqu’à récemment abordable pourrait ne plus l’être si aucune stratégie n’est mise en place. Les besoins en logement à prix modique sont encore élevés et plusieurs projets sont aux prises avec des difficultés de financement.
À cet égard, les partenaires ont offert un plaidoyer en faveur d’un réinvestissement dans le logement social et abordable et invitent évidemment les gouvernements à agir rapidement s’ils souhaitent s’attaquer à la crise du logement. Il y a actuellement plus de 35 000 personnes en attente d’un logement social au Québec et les gouvernements ont une responsabilité envers les ménages les plus vulnérables.
Un enjeu complexe qui nécessite plusieurs interventions
Les partenaires du secteur de l’habitation reconnaissent la problématique du déficit de l’offre en habitation et considèrent qu’il est impératif qu’un bouquet de mesures en faveur d’une accélération des mises en chantier soit mis de l’avant dans les plus brefs délais.
Les défis sont nombreux, notamment au niveau de la disponibilité de la main-d’œuvre, mais aussi concernant l’assouplissement des processus d’approbation des projets et la planification urbanistique adaptée à la situation, particulièrement dans un contexte de crise climatique. En ce sens, l’ensemble des partenaires souhaitent que le prochain gouvernement fasse de l’habitation sa priorité et organise rapidement des États généraux sur l’habitation avec tous les acteurs concernés, afin de s’orienter vers une véritable stratégie concertée qui fixerait des objectifs ambitieux et des moyens concrets pour pallier le déficit de logement, toujours en étant soucieux de relever les défis climatiques auxquels nous faisons face.
Enfin, ils souhaitent remercier tous les participant.e.s à cet événement et rappellent que les partenaires organisateurs de l’événement, se rendent disponibles pour le prochain gouvernement afin de contribuer aux réflexions à venir dans le secteur de l’habitation.